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Qu’est-ce que la Maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme (aussi connue sous le nom de Borreliose de Lyme) est une infection bactérienne contractée par l’homme suite à une morsure de tiques.

Cette infection est méconnue du grand public malgré le fait qu’elle affecte plusieurs dizaine de milliers de personnes chaque année dans le monde et ce, de manière incrémentale.

Il est particulièrement compliqué d’effectuer un diagnostic fiable de la maladie de Lyme chez un patient. En effet, cette infection peut rester pendant des années sans symptômes ou sans s’activer à proprement parler chez le patient. En cas de doute (morsure de tique, apparition de symptômes), il est recommandé de prendre immédiatement rendez-vous avec son médecin traitant afin de poser un diagnostic le plus rapidement possible.

Il est établi qu’une piqûre de tique est à l’origine de l’infection de la personne concernée. La maladie se poursuit ensuite en trois phases distinctes dont la durée est variable en fonction du patient. Il en va de même pour les symptômes ressentis au sein de ces phases.

Pas de préconisations spécifiques peuvent être données pour éviter cette infection à part d’éviter les endroits ou les tiques sont les plus présentes et de porter les protections nécessaires lorsque vous êtes amené(e)s à travailler dans un cadre favorable à la prolifération de celles-ci.

Si vous êtes touché(e)s par cette infection, la prise d’antibiotiques est obligatoire au début de l’infection afin de débarrasser le patient des bactéries. Cependant, à un stade avancé de la maladie, la prescription d’antibiotique se fait au cas par cas et sous étude approfondie du professionnel de santé qui vous suit afin de ne pas avoir de désagréments sur votre santé.

Première étape :

La première phase de la maladie de Lyme se caractérise par une tâche rouge similaire à une piqûre de moustique ou d’autres insectes dans les jours qui suivent la morsure. Contrairement aux piqûres sus-nommés, la tâche est amenée à s’élargir sur la peau (pouvant atteindre jusqu’à 15cm de diamètre).
La zone touchée n’est pas urticaire mais peut entraîner une inflammation du derme.
Des symptômes tels que la fièvre, les douleurs articulaires ou les maux de tête/migraine peuvent se déclarer à cette phase de l’infection mais ceux-ci ne sont pas obligatoire, l’infection pouvant aussi être asymptomatique.
Il est à noter que la visite chez un spécialiste ainsi qu’un traitement sont fortement recommandés car cette tâche rouge disparaîtra au bout d’un mois et peut potentiellement mener à des complications sur la deuxième phase de l’infection si elle n’est pas traitée.

Deuxième étape :

La deuxième étape de l’infection de Lyme sera définie par des symptômes récurrents et plus marqués que lors de la première phase. Le patient pourra expérimenter des désagréments liés à des douleurs articulaires (principalement au niveau des épaules, genoux, …) des tâches rouges similaires à celles précédemment contractées ainsi que des troubles neurologiques (pouvant entraîner des cas de paralysie et de méningite), des vertiges répétés et des troubles cardiaques.

Il est nécessaire à cette étape de traiter la maladie en prévention d’une troisième phase pouvant se révéler létale.

Troisième étape :

L’ultime forme de la maladie de Lyme provoque chez le patient une aggravation des symptômes précédemment vécus. Ceux-ci deviennent peu à peu réguliers et s’étendent à tous les organes. On constate des conséquences cardiaques particulièrement sévères une fois que l’infection a atteint le coeur.
Il est à noter que la maladie de Lyme n’atteint pas automatiquement le troisième stade d’infection, même si celle-ci n’a pas été traitée précédemment.

La maladie de Lyme

Un traitement antibiotique est possible.

Que se cache derrière le terme “Phagothérapie” ?

La phagothérapie est une science millénaire et pourtant très peu connue du grand public.
Il s’agit d’utiliser les virus afin de combattre certaines bactéries, ou, dans le langage familier, combattre le feu par le feu.

Les bactériophages, virus n’infectant que des maladies sont déjà utilisés dans le cadre de la recherche ainsi qu’en génétique moléculaire. Ils ont été découverts en 1915 et ne cessent depuis d’avancer les travaux concernant notre médecine contemporaine : en effet, les bactériophages ont, entre autre, permis l’essor de la biologie moléculaire et génétique.
Ils sont aussi utilisés de nos jours dans les élevages, en guise d’alternative aux antibiotiques et se révèlent particulièrement efficaces.

La phagothérapie est donc une science dérivée de l’utilisation de ces virus dans le but de traiter des infections bactériennes réticentes ou peu répondantes aux médecines conventionnelles, le principal avantage étant l’éradication des bactéries en même temps que la protection des cellules saines.

Bien qu’il s’agisse d’une pratique non reconnue en France, le traitement par phagothérapie pourrait permettre à nombre de patients d’être traités de façon efficace et pourrait s’adresser plus particulièrement aux maladies rares telles que la Maladie de Lyme, pour laquelle les traitements antibiotiques ne sont pas toujours efficaces…

 

La tique

Premier vecteur de la Maladie de Lyme

Benoît Jaulhac, professeur en bactériologie à la faculté de médecine de Strasbourg s’exprimait sur le sujet de la Maladie de Lyme en 2013.

Voici la reproduction de ses propos.

Futura-Sciences : Pensez-vous qu’il y ait une augmentation du nombre de cas de personnes touchées par la maladie de Lyme ?

Benoît Jaulhac : Depuis la découverte de la bactérie responsable de cette maladie, les méthodes de diagnostic de la maladie de Lyme se sont améliorées. Une étude réalisée récemment par le réseau Sentinelles montre qu’il n’y a pas d’augmentation significative du nombre de cas en France, entre les années 2009 à 2011. Les chiffres indiquent cependant une progression de la maladie par rapport aux années 1990, où une autre étude épidémiologique avait été mise en place. Cependant, il est difficile de comparer ces deux études, car les moyens d’évaluation de la maladie ont beaucoup évolué entre temps. Une étude sur plusieurs années va débuter en 2013 pour estimer le nombre de tiques, et en particulier la densité de tiques infectées par Borrelia sur une zone géographique donnée. Ces informations permettront de mieux répondre à la question de l’émergence de cette maladie.

D’autres vecteurs que les tiques peuvent-ils transmettre la maladie de Lyme ?

Benoît Jaulhac : Pour qu’un arthropode puisse transmettre les Borrelia à l’Homme, il faut qu’il réunisse plusieurs critères. Il doit tout d’abord pouvoir aspirer ces bactéries lors de son repas sanguin. Ces dernières doivent ensuite être capables de survivre et de se multiplier à l’intérieur de cet hôte, qui doit les réinjecter à l’Homme sous forme viable et infectante. À ce jour, on ne connaît aucun autre vecteur que la tique capable de remplir toutes ces conditions.

La maladie peut-elle se transmettre autrement que par une morsure de tique ?

Benoît Jaulhac : La transmission des Borrelia se fait principalement par une piqûre de tique infectée. Une transmission fœto-maternelle est possible, mais elle est exceptionnelle et fait l’objet de recommandations thérapeutiques de précaution. Elle doit entraîner une surveillance particulière des femmes enceintes par leur médecin traitant. Aucune donnée ne permet actuellement d’affirmer que des Borrelia infectantes se transmettent par le sang contaminé ou par l’allaitement. De l’ADN de Borrelia a déjà été retrouvé dans le lait maternel, mais aucune bactérie entière n’a pu être détectée et aucun enfant n’a jamais été contaminé en s’en nourrissant.

Quels sont les symptômes de la maladie de Lyme ?

Benoît Jaulhac : Lors de l’infection initiale, le signe le plus fréquent et le plus classique est une éruption inflammatoire cutanée autour de la piqûre. Cette rougeur, appelée érythème migrant, apparaît en général peu après la morsure par une tique contaminée. Elle prend la forme d’une tache rougeâtre circulaire, extensive et habituellement non douloureuse, et représente 85 % des formes cliniques de la maladie dans les différents pays d’Europe. Dans les 15 % restants, en moyenne la moitié des patients n’ont pas observé ce signe précoce. La bactérie peut alors se développer dans les tissus et causer des infections plus sévères, notamment des atteintes neurologiques en envahissant le système nerveux. Elle peut aussi entraîner des arthrites.

En cas de piqûre par une tique, quelle est la marche à suivre?

Benoît Jaulhac : Environ 5 à 20 % des tiques sont porteuses de la bactérie. Il faut tout d’abord comprendre que le risque de contracter la maladie lorsque l’on se fait piquer dans nos régions se situe seulement entre 1 et 2 %. Ensuite, même si la tique est infectée, on développe des anticorps, mais heureusement, généralement cela n’aboutit pas sur une maladie clinique. Le protocole de prévention et de prise en charge d’une piqûre de tique passe par plusieurs étapes. Quand on se promène dans une zone à risques, il faut se protéger des tiques en se couvrant au maximum. Après la sortie, il faut inspecter systématiquement l’ensemble de son corps. En cas de morsure, il est important de retirer la tique et de surveiller l’apparition d’une rougeur autour du point de piqûre, pendant quatre semaines. Il faut également être attentif à d’autres signes médicaux, comme l’apparition d’une fièvre ou de malaises qui peuvent être révélateurs d’une borréliose ou d’une autre maladie à tiques appelée anaplasmose.

Quel est le traitement pour soigner cette maladie ?

Benoît Jaulhac : Si les symptômes cliniques orientent vers une borréliose, un traitement antibiotique de 15 jours est prescrit. Toutes les données scientifiques suggèrent que ce traitement précoce fonctionne. Par exemple, une étude sur cinq ans a montré qu’aucun des patients soignés par des antibiotiques au stade d’érythème migrant ne présentait de signes disséminés de la maladie.

Les tests de dépistage sont-ils efficaces ?

Benoît Jauhlac : La question des tests de dépistage est délicate. Il existe des tests efficaces, mais à mon sens ils ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Ainsi, au démarrage de la maladie (érythème migrant), les anticorps fabriqués par le système immunitaire ne sont pas assez nombreux pour être détectés et pour permettre de répondre positivement à un test. Il est donc possible d’être diagnostiqué négatif en étant porteur de la maladie si le test est réalisé trop tôt. Aux stades ultérieurs, les tests sont positifs mais peuvent nécessiter des analyses invasives, sur le liquide céphalo-rachidien par exemple. Le problème inverse se pose aussi. En effet, certaines personnes peuvent avoir été infectées par la bactérie et l’avoir neutralisée via leur système immunitaire sans le savoir. Leur sang contient alors des anticorps résiduels qui rendent les tests de dépistage positifs. En règle générale, il convient d’établir un diagnostic en se basant à la fois sur les données cliniques, épidémiologiques et les résultats biologiques. L’évaluation de la maladie ne doit jamais reposer uniquement sur les tests de laboratoires quels qu’ils soient, ce qui est parfois le cas.

Pensez-vous que la maladie de Lyme puisse être chronique ?

Benoît Jaulhac : Je pense qu’une maladie de Lyme chronique, c’est-à-dire persistante, existe mais qu’elle est rare. L’acrodermatite chronique atrophiante, qui est causée par une espèce particulière de Borrelia, porte d’ailleurs le mot chronique dans son nom. Cette pathologie se caractérise par la présence de régions épidermiques atrophiées à certains endroits du corps. Si l’on réalise des biopsies cutanées au niveau de ces zones, on peut isoler et cultiver la bactérie responsable. Des traitements antibiotiques longs, s’étalant sur plusieurs années, peuvent venir à bout de cette infection chronique mais une cicatrice cutanée persistera.

Dans le cas d’une maladie de Lyme chronique, comment la bactérie persisterait-elle dans l’organisme à l’abri du système immunitaire ?

Benoît Jaulhac : Dans ce domaine, aucune preuve scientifique formelle humaine n’existe, et les réponses que je vais apporter tiennent surtout de l’hypothèse. Il est possible que les Borrelia se camouflent, en se recouvrant de protéines particulières par exemple. Il est également possible qu’elles se mettent dans un état physiologique de veille qui les rende invisibles au système immunitaire. Une autre éventualité est que les Borreliadisparaissent, mais que certaines de leurs molécules continuent d’induire des effets néfastes pour l’organisme. Enfin dans un petit nombre de cas, comme lors de certaines atteintes articulaires ou neurologiques centrales chroniques, certains dégâts sont irréversibles et peuvent persister en l’absence de l’agent infectieux. De nombreuses études scientifiques restent à faire pour mieux comprendre comment les Borrelia infectent et se disséminent chez l’Homme.

Source : Futura Santé

La tique

Premier vecteur de la Maladie de Lyme

Le professeur Montagnier, prix Nobel de médecine, s’exprimait en 2012 sur le rôle des bactéries systémiques dans la genèse des symptômes d’autisme mais aussi de la Maladie de Lyme.

 

Les troubles de l’érection, aussi connus sous le nom de syndrome de carence androgénique sont en réalité un déficit de sécrétion de la testostérone qui apparaît chez le patient à un moment de sa vie.

Contrairement aux idées reçues, l’âge n’est pas le seul facteur d’apparition de ces troubles mais, la difficulté parfois rencontrée à s’exprimer à ce sujet n’aide pas à véhiculer toutes les informations nécessaires.
De nos jours, la carence androgénique est aisément curable, c’est pourquoi il me paraît important d’effectuer une mise au point sur les causes des troubles de l’érection.

Tout d’abord, les troubles liés à la carence androgénique se situent aussi bien dans la sphère sexuelle que dans la vie au quotidien (bien-être, travail, …).
La chute de l’activité sexuelle et du désir pour son/sa partenaire est bien etendu un des signes majeurs des troubles de l’érection…. mais cela peut aussi être le cas d’une baisse soudaine de la productivité dans son milieu professionnel.
Diminution des érections spontanées, faiblesse de l’éjaculation, réduction du volume de sperme sont des indicateurs parmi d’autres.

D’autres stigmates tels que les sueurs, troubles du sommeil et du caractère (humeur) peuvent être révélateurs de cette carence.

Enfin, la diminution de la masse musculaire au profit de la masse grasse est une variable qui peut venir confirmer ce diagnostic (en fonction des patients) .

Un test a été conçu par le professeur J.Morley afin de poser un premier diagnostic concernant les troubles de l’érection :

  1. Avez-vous constaté une diminution du désir ?
  2. Sentez-vous une carence d’énergie ?
  3. Avez-vous constaté une diminution de force musculaire et d’endurance à l’effort?
  4. Avez-vous perçu que votre taille a diminué ?
  5. Avez-vous constaté une diminution de votre joie de vivre?
  6. Vous sentez-vous triste ou troublé?
  7. Vos érections sont-elles moins fortes?
  8. Avez-vous remarqué une diminution de votre capacité de faire du sport?
  9. Tombez-vous endormi après les repas?
  10. Avez-vous remarqué une diminution récente de votre capacité de travail?

Si vous avez répondu “oui” à la question 1 ou 7 ou à 3 questions différentes, vous pourriez être sujet aux troubles de l’érection.

Source : DL

Les troubles de l'érection

une carence curable.

Après avoir été encensée, la DHEA (déhydroépiandrostérone) a été l’objet de vives attaques. Le Pr Etienne-Emile Baulieu, auquel on doit en France l’essentiel des découvertes, réagit à ces attaques.

Comment jugez-vous l’article très critique de la revue Prescrire ?

Prescrire nous a adressé cet article avant publication, mais avec le Pr Forette nous l’avons jugé si mauvais que nous n’avons pas pris la peine de répondre. Cet article a été écrit uniquement pour dire que la DHEA ne baisse pas tout le temps avec l’âge. Le côté intéressant de la DHEA n’est évoqué que pour le critiquer. Sans compter que l’éditorial qui l’accompagne est presque injurieux à notre égard.

Pourquoi, selon vous, après avoir été encensée, la DHEA est-elle si décriée ?

Avant la DHEA j’avais fait une ou deux choses comme la RU 486 ; les journalistes se sont dit : ce type, quand il dit quelque chose, ça marche, d’où l’engouement initial pour la DHEA, qui était excessif. Ce type de médiatisation n’est pas ressenti favorablement par les milieux médicaux. Il y a beaucoup de jalousie. En 2001, l’Afssaps a émis un avis très négatif, très critique à cause de cette médiatisation. Certains des chercheurs que nous n’avions pas retenus pour nos études sur la DHEA ont été sollicités par l’Afssaps pour rédiger cet avis. Ils ont été présentés par l’agence comme indépendants, mais il s’agit de gens frustrés parce qu’ils n’étaient pas dans mon équipe.

Les Français ne sont-ils pas découragés par cette mauvaise publicité faite à la DHEA ?

Il y a une demande formidable. Chacun sait qu’il va vieillir, mais personne ne veut vieillir dans de mauvaises conditions. La vente est très importante en France, elle concerne environ 50 000 personnes. Le gros du bataillon est constitué par les ventes sur Internet, les voyages.

Justement, n’est-ce pas ce qui motive la position des autorités sanitaires ?

Mes études sur la DHEA, je les ai faites pour des motifs qui auraient dû faire plaisir à l’Afssaps : conduire des travaux sérieux, s’opposer aux achats sauvages. Mais le ministère de la santé – donc l’Afssaps, qui n’a qu’une indépendance virtuelle – a fait une erreur politique. Il n’y avait pas de réglementation pour ce type de produits. Il y avait une demande, aucun laboratoire ne voulait se lancer. J’ai demandé à l’Afssaps de trouver un système spécial d’autorisation provisoire ou limitée, afin d’encadrer une distribution vérifiée par les médecins. Ils ont voulu se débarrasser du problème en ouvrant le parapluie, en évoquant le principe de précaution. C’est un découragement pour ceux qui font des études.

Le ministère ou l’Afssaps vont-ils diligenter des études complémentaires sur la DHEA pour lever les incertitudes ?

Non, ils sont négatifs, mais ne nous aident en rien. Au lieu de financer des travaux, ils racontent que ça peut donner le cancer et les maladies cardiovasculaires. A mon avis, Kouchner l’a bien résumé. Ils ont trouvé une voie assez vicieuse, qui consiste à dire « Attention danger ! ». J’appelle ça le principe de suspicion, pas de précaution. Ils jouent avec ça, c’est d’une lâcheté incroyable. La conséquence, c’est qu’on va être envahi par des produits américains de bonne qualité, grâce à l’inaction du ministère de la santé qui ne s’est vraiment pas bien conduit.

Comprenez-vous la position du Conseil de l’Ordre qui conseille aux médecins de ne pas prescrire de DHEA ?

Le Conseil de l’Ordre ne veut pas se mettre mal avec le ministère. Son rôle aurait dû être d’informer les médecins et le public, mais il y a une collusion évidente avec les autorités.

Vous-même, continuez-vous à conseiller la prise de DHEA ?

Il y a une notion que l’Afssaps n’a pas bien intégré : l’intérêt de se baser sur les dosages. Si quelqu’un présente un dosage bas, je ne vois pas pourquoi il ne prendrait pas de DHEA. Je n’ai aucun état d’âme à ce sujet.

L’Afssaps et Prescrire évoquent des risques de cancer, notamment de cancer de la prostate chez l’homme

Chez l’homme, on pense de suite au risque de cancer de la prostate. Mais nous allons poser un programme de recherche de prévention du cancer de la prostate avec… de la DHEA ! Nous avons des arguments solides pour proposer cela.

L’avenir de la supplémentation en DHEA ne passe-t-il pas par une association avec d’autres hormones qui baissent avec l’âge ?

Apporter la DHEA chez les femmes qui prennent le traitement hormonal substitutif (THS), c’est une bonne idée si le taux naturel de DHEA est bas et s’il faut corriger un domaine qui relève de la DHEA, comme l’état de la peau ou la dépression. Certains ont peur qu’on ait alors trop d’estrogènes. Cela mérite d’être étudié. Si une femme me demande mon avis, je lui dirai je ne vous le conseille pas, car des recherches n’ont pas été menées, mais si elle le souhaite vraiment et que les dosages biologiques sont propices, je ne dis pas non. De la même manière, si un homme prend de la testostérone et veut de la DHEA, je ne le déconseille pas si son taux est bas et que son état émotionnel peut être amélioré.

Vous insistez sur l’effet de la DHEA sur l’humeur mais il n’y a toujours pas de récepteur spécifique…

Non, la DHEA et le sulfate de DHEA (DHEAS) n’ont pas de récepteurs spécifiques, mais la DHEAS est un ligand de récepteurs de neurotransmetteurs, le GABA et le NMDA. Il faut comprendre qu’il y a trois types de sites pour ce neurotransmetteur. Le site du GABA lui-même : les molécules qui s’y lient ont un effet calmant. Il existe aussi des sites de régulation positive qui renforcent le GABA, ceux auxquels se lient les benzodiazépines, les barbituriques, l’éthanol. Et enfin des sites antagonistes de régulation négative, qui concernent le SDHEA et la pregnénolone. Le SDHEA est donc un antagoniste du GABA, d’où son effet favorable sur l’humeur.

Allez-vous lancer de nouvelles études ?

Nous allons lancer deux études, l’une sur l’homme avec des doses plus fortes, pour laquelle nous avons un financement. L’autre sur les personnes de plus de 80 ans pour évaluer les effets sur les troubles cognitifs et l’immunité, pour laquelle j’ai besoin de fonds. J’aimerais aussi évaluer la DHEA chez les femmes qui prennent le THS. J’ai aussi avec le Pr Françoise Forette un projet de prévention de la démence liée au vieillissement.

Avec le recul, pourquoi vous être lancé sur la piste de la DHEA ?

Le vieillissement m’intéresse, mais la recherche scientifique, les aspects moléculaires me passionnent. C’est parce qu’on avait trouvé que la DHEA est un neurostéroïde que je m’y suis intéressé. Cet aspect de dépression, de difficulté à vivre qui apparaît autour de 60 ans, ça m’interpelle. Dans l’étude que nous avons publiée en 2001 avec Jean-François Dartigues, la corrélation que nous trouvons avec la santé subjective est probablement liée à cet aspect neurostéroïde de la DHEA (1). Mais visiblement, l’Afssaps n’a pas perçu l’intérêt de ces composés sur le système nerveux.

 

Source : La Nutrition

La DHEA

Un facilitateur dans le traitement des troubles de l'érection.

Des chercheurs du CHU et de l’Inra de Clermont-Ferrand lancent l’opération LymeSnap, pour mieux recenser le nombre de cas de la maladie de Lyme en utilisant les nouvelles technologies.

Mieux comprendre, cartographier et recenser le nombre de cas cutanés de la maladie de Lyme sur une période de 12 mois. C’est l’objectif d’une étude participative, baptisée LymeSnap, et menée par le CHU et l’Inra de Clermont-Ferrand depuis le début du mois d’avril dans une zone de l’Auvergne où les tiques ont proliféré, allant des Combrailles au nord-ouest du Puy-de-Dôme.

“L’enjeu, c’est d’avoir des données les plus exhaustives possibles sur le nombre de cas de la maladie de Lyme dans ce secteur en utilisant les nouvelles technologies”, explique le professeur Olivier Lesens, du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Clermont-Ferrand, cité par Europe1. Car ce sont les personnes ayant été mordues par une tique et ayant développé un érythème, une plaque rouge qui grandit autour de la morsure, qui pourront envoyer directement une photo par SMS ou par mail aux chercheurs. Un dermatologue et un infectiologue se chargeront ensuite du suivi de chaque patient.

Des actions pour les patients

La maladie de Lyme est difficile à diagnostiquer en raison de ses symptômes, comme la fatigue et l’arthrite, qui peuvent être attribués à d’autres troubles. Les personnes qui en sont atteintes attendent des mois, voire des années, avant de recevoir le traitement adapté. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé une série de 15 mesures en septembre dernier pour venir à bout de ce fléau. Un protocole national de dépistage et de soin est en cours d’élaboration et devrait être dévoilé en juillet 2017.

L’association Le Droit de Guérir interpelle régulièrement le gouvernement et organise, en cette période de campagne électorale, des actions pour faire entendre la voix des patients mal diagnostiqués. Elle demande notamment le retrait immédiat du test Elisa, un outil diagnostique jugé non fiable.

 

Source : Santé Magazine

Les réseaux sociaux et le recensement de la Maladie de Lyme.

Un exemple de l'utilisation des nouvelles technologies dans le monde médical.

Des neuroscientifiques testent une méthode qui permettraient d’éviter la dégénérescence des neurones dopaminergiques impliquées dans la maladie de Parkinson.

Et si l’on parvenait à protéger les neurones des malades de Parkinson, pour éviter leur dégénérescence? Ce n’est encore qu’un rêve de chercheurs: les traitements disponibles, qu’il soient chimiques ou chirurgicaux, ne savent qu’améliorer la triade des symptômes (tremblements, akinésie, rigidité des membres…). Mais la maladie continue d’avancer, masquée, tant que perdure sa cause.

Père de la stimulation cérébrale profonde, devenue l’un des traitements de référence dans la maladie de Parkinson, le Pr Alim Louis Benabid espère être «sur le point de faire une avancée majeure dans ce domaine», a-t-il annoncé en mars à l’Académie des Sciences. «Attention, avertit cependant le neurochirurgien. Il ne faut pas donner d’espoir prématuré aux malades, on est là très en amont d’un éventuel nouveau traitement.»

Infrarouges

Le possible saint-Graal se cache dans la lumière infrarouge. «On sait qu’elle peut protéger ou améliorer la santé de certains tissus ou cellules malades», explique Alim Louis Benabid. Pourrait-on, en illuminant les cellules productrices de dopamine qui dégénèrent dans Parkinson, les protéger pour ralentir les ravages de la maladie? La technique est étudiée à l’institut de recherche grenoblois Clinatec, en collaboration avec le Pr John Mitrofanis (Université de Sydney).

L’équipe du neuroscientifique australien a d’abord testé le pouvoir des infrarouges sur des souris ayant reçu une toxine permettant de «mimer» chez elles un Parkinson. Non seulement les souris dont le cerveau avait été irradié exprimaient moins de symptômes que celles ayant reçu la toxine, mais pas la lumière, mais en sus l’autopsie montrait que la dégénérescence des cellules dopaminergique était moindre dans leur cerveau. Les équipes du Pr Benabid ont ensuite, à Grenoble, confirmé ces résultats sur d’autres modèles, en particulier le rat.

Une fibre optique implantée

Il y a cependant un pas de la souris à l’homme. Notamment l’épaisseur des tissus à traverser: chez les rongeurs, la lumière infrarouge délivrée de façon externe parvient à atteindre les neurones cibles situées à un ou deux centimètres seulement du crâne ; mais chez l’homme, il faut illuminer des cellule enfouies à plus de 10 centimètres de profondeur. Les scientifiques de Clinatec ont donc développé un système qui permet de diffuser la lumière directement dans la zone lésée, par l’intermédiaire d’une fibre optique implantée.

«Nous avons testé ce dispositif chez des singes», explique Alim Louis Benabid. Et comme chez les souris, les singes traités avec l’infrarouge montraient une nette diminution des symptômes puis, lors d’autopsies pratiquées 3 semaines à un mois après l’opération, une moindre dégénérescence neuronale.

Reste à tester la technique chez son destinataire final. «Nous sommes en train de rédiger notre protocole de recherche clinique», détaille le Pr Benabid. Lorsque toutes les autorités auront donné leur accord, les tous premiers essais de tolérance pourront démarrer chez l’homme. «La méthode est susceptible d’apporter une solution à un problème non résolu, la neuroprotection des malades de Parkinson. Mais avant de pouvoir envisager de l’appliquer à une large échelle, le processus de recherches sera encore long», conclut-il.

 

Source : Le Figaro santé

La maladie de Parkinson

Provoque une triade de symptômes: tremblements, akinésie, rigidité.

REPORTAGE – La stimulation magnétique transcranienne est pratiquée avec succès par un nombre croissant d’hôpitaux en France, comme à Nantes, au CHU-Hôtel Dieu.

Les «tac» puissants et réguliers du stimulateur magnétique percent le silence de la petite salle blanche, au troisième étage du pôle Hôtel-Dieu du CHU de Nantes. Sur le fauteuil inclinable de la machine, Marie-Thérèse, 82 ans, dont quarante de dépression. En échec de traitement, la frêle vieille dame vient tous les jours depuis trois semaines pour une séance de stimulation magnétique transcrânienne (rTMS) de 30 minutes, qui consiste schématiquement à appliquer une bobine aimantée contre un point précis de son crâne pour moduler l’activité de ses neurones et diminuer les symptômes de sa maladie.

Marie-Thérèse paraît tendue, mais la méthode est indolore et son mari, Robert, 85 ans, se dit très satisfait des effets bénéfiques de la cure. «Depuis deux ans, sa maladie, c’était particulièrement dur, lâche-t-il. Elle n’avait plus goût à rien, ne se levait plus. Elle avait perdu 15 kilos, mais elle en a repris 5. Elle se lève, elle veut bien voir ses petits-enfants.» De quoi justifier le trajet que le couple effectue quotidiennement en ambulance depuis son domicile, à 70 km de là.

Alternative aux électrochocs

D’abord utilisée en neurologie dans le traitement des mouvements anormaux, de la douleur et des acouphènes, la rTMS est exploitée depuis une quinzaine d’années dans un nombre croissant d’hôpitaux de France pour traiter les dépressions modérées à sévères. L’imagerie médicale a permis de montrer que la stimulation magnétique du cortex préfrontal dorsolatéral rétablit, comme pourrait le faire un médicament antidépresseur, des anomalies de fonctionnement du cerveau: baisse du débit sanguin cérébral, de la consommation d’oxygène et de glucose dans les régions préfrontales gauches, hypermétabolisme dans le cortex préfrontal droit.

Autres avantages: non invasive, présentant peu ou pas d’effets secondaires, la rTMS est très bien tolérée par les patients. «Seulement 1 à 3 % des patients abandonnent, contre 30 à 40 % pour les médicaments», estime Samuel Bulteau, psychiatre au CHU de Nantes. Ces atouts en font une arme supplémentaire bienvenue pour les professionnels confrontés aux dépressions résistantes aux traitements antidépresseurs (de 20 à 30 % des cas) et une alternative intéressante à l’électroconvulsivothérapie, nouveau nom donné aux électrochocs, très efficaces mais nécessitant une anesthésie générale.

Pas encore reconnue

Si l’intérêt thérapeutique de la rTMS dans le traitement de la dépression est bien établi depuis quelques années, elle reste une option de seconde intention qui s’adresse à un profil précis de malades. «Cette méthode est réservée aux patients en échec après un ou deux médicaments antidépresseurs», explique le Pr Jean-Marie Vanelle, chef du service de psychiatrie du CHU de Nantes, où la rTMS est pratiquée depuis cinq ans. En outre, tout le monde n’y est pas sensible. «Parmi les personnes traitées, 40 % voient leurs symptômes disparaître après la cure et 10 à 15 % supplémentaires constatent une amélioration de leur état», précise le Pr Emmanuel Poulet, (CHU de Lyon), coauteur des recommandations françaises sur la rTMS. Enfin, l’effet est souvent temporaire et disparaît au bout de six mois chez un patient sur deux.

Paradoxalement, la rTMS n’est pas encore officiellement reconnue par les autorités sanitaires et n’est donc pas prise en charge par la Sécurité sociale. La demande d’évaluation déposée par des professionnels n’a pas été retenue dans l’agenda 2015 de la Haute Autorité de santé. «Cette absence de validation est un vrai problème», déplore Emmanuel Poulet, rappelant que la rTMS est remboursée «aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie».

En attendant, la rTMS conserve un statut flou et les hôpitaux bricolent pour la proposer malgré tout à leurs patients, parfois à perte. Au CHU de Lyon, l’hôpital facture une journée d’hospitalisation de jour pour 5 séances. À Nantes, «on facture le coût d’une consultation, mais cela ne couvre pas tous les frais», estime le Pr Vanelle.

Source : Le Figaro santé

La TMS

Une technique encore peu reconnue mais efficace

Longtemps négligée, la maladie de Lyme occupe aujourd’hui une place dans le débat public. L’Institut national de la ­recherche agronomique (Inra) a organisé vendredi 19 mai une conférence de presse avec des chercheurs spécialisés, et l’organisation américaine Ilads (International Lyme and Associated Diseases Society) a tenu vendredi 19 et samedi 20 mai un congrès à Paris, alors que se ­tenait la journée mondiale de cette maladie, pour faire reconnaître sa forme chronique. Caractérisée dans les années 1970 aux Etats-Unis dans la ville de Lyme (Connecticut), cette ­affection est transmise à l’homme par une piqûre de tique ­Ixodes, infectée par une bactérie appelée Borrelia burgdorferi, de la famille des spirochètes.

Son incidence augmente. En France, 33 202 nouveaux cas ont été recensés en 2015 (26 146 en 2014) par le réseau de médecins Sentinelles, selon Santé publique France. Il y en aurait bien plus selon les associations. « On en sait encore trop peu sur ces parasites et les agents infectieux qu’ils transportent », ont souligné les chercheurs de l’INRA, pour qui les maladies transmises par les tiques sont ­devenues au fil des ans « un problème important de santé publique et vétérinaire ». Les associations de patients se mobilisent dans le monde entier depuis des années.

De quoi s’agit-il ? Dans certains cas, la piqûre de tique provoque une éruption cutanée circulaire (érythème migrant). La personne prend alors un traitement antibiotique qui, la plupart du temps, est efficace. Mais souvent, la piqûre est ­indolore, et les symptômes n’apparaissent qu’au bout de quelques semaines, voire de plusieurs mois. « Le polymorphisme de la maladie de Lyme en fait une infection complexe, à l’instar de ce qu’était la ­syphilis », notait récemment l’Académie de ­médecine. Grande fatigue, symptômes articulaires, musculaires, neurologiques… ils sont variés et peuvent être très invalidants.

Le diagnostic est donc parfois difficile à poser et la prise en charge compliquée. D’autant plus que les tests d’aide au diagnostic, une vingtaine en France, sont imparfaits, comme l’avait montré un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en novembre 2016. “Dans certains cas, le diagnostic de la maladie de Lyme de personnes qui se sont fait piquer est négatif, même si elles présentent les symptômes”, a expliqué Muriel Vayssier­Taussat, chef du département scientifique santé animale de l’INRA lors de la conférence de presse.

Une soixantaine de micro­organismes (parasites, bactéries, virus) ont aujourd’hui été identifiés, susceptibles d’être transmis par les ­tiques. La plupart ne sont pas détectés par les tests actuels. Or, certains sont responsables de maladies comme l’encéphalite à tiques, la babésiose… Il peut aussi y avoir des co­infections. Lors d’une collecte de 267 tiques Ixodes ricinus venant des Ardennes françaises, la moitié était porteuse d’agents pathogènes.

Parmi ces tiques infectées, 50 % étaient co­infectées, avec jusqu’à 5 pathogènes, notamment des bartonelles et des rickettsies, ont constaté l’équipe de l’Inra et ses partenaires. ” Ces phénomènes pourraient expliquer les symptômes atypiques chez de nombreux ­patients “, indique Muriel Vayssier ­Taussat. Aux Etats­Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) viennent d’alerter sur l’apparition d’une nouvelle maladie transmise par ces arthropodes : l’encéphalomyélite de Powassan. Seuls 75 cas y ont été recensés au cours des dix dernières années. Pour y voir plus clair, un projet sur la physiopathologie des maladies transmissibles par les ­tiques, appelé OH Ticks, a été lancé en janvier.

Coordonné par Muriel Vayssier­ Taussat, avec l’Institut Pasteur, des médecins du réseau ­Sentinelles et des CHU, il prévoit de prélever 200 patients séronégatifs à Lyme. “Ce projet vise à trouver les techniques qui permettront de prouver le lien épidémiologique entre la piqûre de ­tique, la présence d’un microbe et les symptômes chez l’hôte”, souligne l’Inra. Parallèlement, des travaux menés avec l’Institut Pasteur et le Génoscope d’Evry, entre autres, portent sur l’analyse du génome de la tique et de son microbiote, grâce au séquençage haut débit. “Des projets sont également en cours pour développer un nouveau test basé sur des biopsies cutanées chez l’homme en utilisant la spectrométrie de masse”, souligne la Dr Nathalie Boulanger, responsable de ce projet à l’université de Strasbourg, avec le centre national de référence (CNR) sur la maladie de Lyme et une équipe CNRS.

D’autres questions sont posées : la génétique joue­ t­ elle un rôle ? Comment expliquer que certaines races de chiens ou de chevaux développent la maladie et pas d’autres ? La recherche constitue l’un des cinq axes du plan de lutte contre la maladie de Lyme lancé en septembre 2016 par l’ancienne ministre de la santé Marisol Touraine. ” Pleinement conscients qu’il existe des formes de la maladie mal connues et donc mal soignées, le ministère chargé de la santé et ses partenaires ont engagé des actions pour renforcer l’expertise et le diagnostic de cette maladie “, souligne ­t­ on à la ­direction générale de la santé.
Eviter les errances thérapeutiques Autre grand chantier en cours : proposer une prise en charge adaptée. Une réunion s’est tenue à ce sujet jeudi 18 mai à la Haute Autorité de santé (HAS) avec les experts et les représentants de malades. “Comment on traite les patients ? Et par qui ? Voilà les questions auxquelles on doit ­répondre”, souligne Michel Laurence, responsable du service des bonnes pratiques professionnelles à la HAS. Pas simple. “L’objectif est de pouvoir répondre aux patients et à leurs souffrances, et leur éviter d’aller d’un praticien à un autre”, ­explique­-t-­il. Beaucoup relatent des années ­d’errance thérapeutique et de rejet. Ainsi Laurence, alors âgée de 34 ans, ne comprenait pas l’origine d’une très grande fatigue. Elle devait se faire opérer de la thyroïde, qui avait gonflé. “J’avais l’impression que j’étais envahie par quelque chose à l’intérieur  de moi et je n’avais plus aucune énergie”, raconte cette conseillère d’orientation et psychologue. Une antibiothérapie calme temporairement les symptômes. Puis elle souffre d’affections cutanées, d’infections urinaires, de douleurs articulaires. En tout, une quinzaine de symptômes. Son médecin lui dit : ” C’est psychologique. ” Elle doit arrêter de travailler, commence à chercher sur Internet et trouve la maladie de Lyme. Habitant dans le ­Limousin, où les tiques sont très présentes, elle se souvient alors d’une rougeur derrière le ­ genou. Un test est positif. Le diagnostic est posé six ans après les premiers symptômes.

Aujourd’hui, Laurence, âgée de 48 ans, est encore fatiguée, souffre de douleurs musculaires, mais va mieux. Habitant aujourd’hui à Saint­ Brieuc, elle a changé sa façon de vivre. Comme d’autres patients, elle a souvent été en colère. Ce que dénonce aussi Sophie Benarrosh, touchée par cette maladie, dans un livre “Non ce n’est pas dans ma tête” (Leduc. S­Editions, 256 pages, 18 euros). De même, Marie ­Pierre Samitier retrace l’histoire de la maladie et sa complexité dans “Le Mystère Borrelia” (Lemieux Editeur, 160 pages, 16 euros).

Depuis des années, le professeur Christian Perronne, spécialiste de cette pathologie émergente, chef de service en infectiologie à l’hôpital Raymond­Poincaré de Garches (Hauts ­de­ Seine), se bat contre le déni. ” On voit encore trop de ­patients orientés vers la psychiatrie alors qu’ils avaient la maladie de Lyme “, dénonce­ t ­il. D’autres tempèrent. ” Notre hantise est de passer à côté d’un autre diagnostic “, explique la docteur France Roblot, présidente de la Société de pathologie infectieuse de langue française,pour qui ” la maladie de Lyme n’est pas une maladie émergente “. ” Il faut être humble, on manque de connaissance mais il ne faut pas raconter de sornettes au patient “, poursuit ­elle. Elle cible sans les nommer des médecins qui proposent des ­solutions non validées scientifiquement. Les avis restent divisés entre ceux qui craignent un surdiagnostic de la maladie et d’autres qui ­dénoncent une grave sous ­évaluation.

 

Source : Pascale Santi, Le Monde

La tique

Vecteur principal de la maladie de Lyme

 

Une retransmissions intéressante sur le sujet de la mésothérapie à télé-matin.

 

Source : Télé-matin

La mésothérapie : une méthode de traitement antitabac

La mésothérapie est une technique médicale basée sur l’administration de faibles doses de médicaments allopathiques ou homéopathiques dans la peau (injection locale peu profonde).

Par ailleurs, la mésothérapie est au tabac l’un des traitements les plus efficaces réduisant le niveau de dépendance et limitant les dommages physiques liés à sa longue consommation.

Le fonctionnement de la mésothérapie et tabac

Cette méthode présente l’avantage d’obtenir des résultats rapides et durables de sevrage du tabac. Elle se produit le plus souvent sous la forme d’injections locales, appliquées sur ou sous la peau.
Par rapport à d’autres solutions de désensibilisation, c’est une procédure relativement indolore grâce à l’utilisation de crèmes anesthésiques appliquées à la zone avant l’injection.
Son principe consiste donc à effectuer des injections multiples et de très petites quantités de produits tels que les myorelaxants.
L’administration de ces petites doses de produits homéopathiques est opérée sur la première couche du derme (juste sous la peau).
La mésothérapie pour le tabac garantit ainsi la diminution progressive de la dépendance à la nicotine après plusieurs séances en agissant directement sur le tissu adipeux pour libérer les toxines.

Apaiser les symptômes causés par le tabac

La mésothérapie peut soulager et guérir un certain nombre de maux causés par la consommation du tabac, tels que les troubles dus au stress, à l’épuisement ou au manque de sommeil.

Elle constitue d’autre part une solution moderne et naturelle, qui donne un nouvel éclat aux zones de la peau endommagées et vieillies par l’assimilation à long terme de la nicotine.
En effet, au cours d’une séance de mésothérapie, le tabac et ses effets néfastes sont pris pour cibles. Les produits qui sont utilisés dans les injections superficielles renforcent le processus de rajeunissement de la peau tout en lissant les rides.

Une technique non chirurgicale pour l’abandon définitif de la cigarette

Tout en maintenant efficacement le sevrage tabagique, la mésothérapie force le tabac à devenir moins attrayant.
Dans ce contexte, les micro-injections qui sont effectuées dans les points d’acupuncture spécifiques provoquent une aversion à la nicotine chez le sujet.
Les principes combinés de la mésothérapie et de l’acupuncture permettent ainsi d’atteindre les récepteurs responsables du comportement addictif afin de les reprogrammer.
Dans de nombreux cas, les spécialistes de cette technique atteignent des taux de réussite de 65 à 70 %, suite à une seule session.

 

Source : Jean Nicolas

Le tabac

Un sevrage possible par la mésothérapie

Un nouveau protocole de soins pour la maladie de Lyme sera présenté en juillet et un dépliant sera diffusé en mars sur la prévention de cette pathologie transmise par les tiques, a annoncé aujourd’hui le ministère de la Santé. Les associations de malades, reçues au ministère, ont salué des “avancées”.

“Je pense que ça avance: on a désormais un calendrier”, a indiqué Marie-Claude Perrin, présidente de l’association de malades Lyme Sans Frontières, même si l’élection présidentielle, remarque-t-elle, fait planer un “point d’interrogation” sur l’échéance annoncée.

“C’est plutôt positif globalement mais (…) avec les élections, le risque c’est de repartir à zéro dans six mois”, a renchéri Matthias Lacoste, président de l’association de patients, Le Droit de guérir.

Fin septembre, le gouvernement avait annoncé quinze mesures pour mieux prendre en charge cette maladie, avec notamment la révision d’ici le printemps 2017 du protocole officiel de diagnostic et de soins, qui impose aujourd’hui un test de diagnostic largement reconnu comme peu fiable, limite les cures d’antibiotiques à trois semaines maximum et ne reconnaît pas l’existence d’une forme chronique de la maladie.

Des représentants des associations ainsi que des spécialistes de toutes les disciplines concernées par la maladie (neurologie, dermatologie, rhumatologie, cardiologie, microbiologie, immunologie…) feront partie du groupe de travail, qui se réunira pour la première fois en mars.

“Afin de sensibiliser la population aux mesures de prévention, un dépliant sera diffusé dès le mois de mars”, a également indiqué la DGS.

Insuffisant pour les associations de malades, qui réclamaient une “vraie campagne” d’information nationale, avec des spots télévisés notamment.

Mme Perrin pointe aussi le manque de précisions concernant le financement de la plupart des mesures annoncées, et le fait qu’aucun projet de recherche ne soit lancé sur les autres modalités éventuelles de transmission de la maladie (sang, grossesse…).

 

Source : Le Figaro

La tique

Vecteur principal de la maladie de Lyme

Le ministère de la Santé a souligné les avancées du plan Lyme en prévention et en surveillance de la maladie de Lyme, à l’issue d’une réunion de la Direction générale de la santé (DGS) qui s’est tenue le 3 juillet avec les représentants des malades qui dénoncent de leur côté « un bel exercice de communication assez creux ».

Lors de ce deuxième comité de pilotage (COPIL) du plan Lyme, il a été confirmé que la sortie du protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) par la Haute Autorité de santé (HAS), initialement prévue pour juillet, est repoussée à la rentrée.

Une campagne pour le grand public et pour les professionnels de santé

Les mesures de prévention présentées par la DGS se veulent larges et de mise en place rapide : des documents de sensibilisation aux morsures de tiques – dont un dépliant « grand public », un dépliant et une affiche à destinée des enfants, une plaquette pour les professionnels de santé –, des spots radio d’experts en santé publique, pose de 2 000 affiches à l’entrée des forêts domaniales au cours du mois de juillet, lancement d’une appli « signalement-tique » dès le 15 juillet.

La DGS met l’accent sur le fait qu’un travail sera mené avec le ministère de l’Éducation nationale et le ministère des Sports « afin de renforcer la communication vers les populations les plus jeunes, notamment vers les structures et les associations sportives ou de loisirs accueillant des publics jeunes pour l’été ».

Les mesures de prévention sont loin de contenter les avocats de l’action collective « Lymaction », Me Julien Fourray et Me Catherine Faivre. Lors d’une conférence de presse organisée par l’association « Lyme sans frontières », ces représentants de malades et aussi de médecins poursuivis pour prises en charge non consensuelles de la maladie ont déploré « les réponses évasives » des acteurs du comité de pilotage, voire le « double discours », concernant la pertinence des tests diagnostiques et la révision du consensus de 2006. Les avocats, qui regrettent également l’absence de mesures de transition pour la prise en charge des patients « dans l’entre-deux », ont annoncé vouloir adresser une mise en demeure sur ces sujets épineux au ministère de la Santé, au directeur de la DGS et au Pr Jérôme Salomon, coordinateur du COPIL.

Les tests en question

Au cours de ce 2e point d’étape, les premiers résultats des études sur la performance des tests Western Blot ont été exposés par le Centre national de référence (CNR), sans conclure ou non à l’efficacité du test. Aujourd’hui, c’est la sérologie ELISA qui fait référence, ce que veulent changer les associations de patients.

Les avocats du « Lymaction », qui veulent prendre de court le retour d’évaluation des tests ELISA annoncé fin 2017-début 2018, ont déclaré avoir l’intention de lancer au plus tard en septembre une plainte pénale pour « dénoncer les liens d’intérêt entre les laboratoires commercialisant les tests et les agences d’évaluation », visant plus précisément le CNR, l’ANSM et certains de ses membres.

 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

La tique

Vecteur principal de la maladie de Lyme

PARIS, 18 juillet 2017 – Une nouvelle application pour smartphone permettant d’informer mais aussi de collecter des informations sur les piqûres de tiques afin de mieux comprendre et prévenir la maladie de Lyme, est disponible au téléchargement, ont annoncé la Direction générale de la santé (DGS), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Institut national de recherche agronomique (Inra), dans un communiqué diffusé lundi soir.

Cette application fait partie des mesures de prévention contre les piqûres de tiques et de sensibilisation à la maladie de Lyme annoncées pour cet été, dans le cadre du Plan national de lutte contre la maladie de Lyme (cf dépêche du 04/07/2017 à 12:57).
L’application Signalement-Tique est disponible par téléchargement gratuit pour les smartphones IOS et Android. Avec cette application, un appel est lancé aux volontaires souhaitant participer aux recherches pour lutter contre les tiques et les maladies qu’elles transmettent. Il s’agit de déclarer sa piqûre ou celle de son animal domestique, la géolocaliser, transmettre une photo voire envoyer les tiques elles-mêmes aux équipes scientifiques.
Ces données permettront notamment d’établir des cartes de présence des tiques qui serviront aux actions de prévention.

“Les données collectées serviront à l’avancée des connaissances scientifiques nécessaires pour mieux comprendre et donc mieux prévenir les maladies transmissibles par les tiques, notamment par la mise au point de modèles d’estimation des risques”, souligne le communiqué. Les promoteurs insistent sur le rôle “décisif” que joueront les citoyens participant au projet: ils “permettront d’apporter des éléments de réponse à de nombreuses questions: peut-on se faire piquer en hiver et en été alors que les périodes propices sont le printemps et l’automne? Y a-t-il des heures où les tiques sont plus actives et piquent davantage?
Est-ce qu’on se fait plutôt piquer dans les forêts, dans les parcs urbains ou dans nos jardins? Quels sont les agents pathogènes les plus présents chez les tiques? Dans quelles régions?”, souligne le communiqué.

En outre, les utilisateurs trouveront grâce à l’application des informations sur la prévention, ainsi que des conseils pour enlever une tique et sur la conduite à tenir, où qu’ils soient.

 

Source : APM International

La tique

Vecteur principal de la maladie de Lyme

La maladie de Lyme (ou borréliose) est une maladie infectieuse liée à présence de la bactérie Borrelia. Elle se transmet aux oiseaux, aux mammifères sauvages ou domestiques et à l’être humain par des morsures de certaines tiques, acariens porteurs sains de la maladie.

Les tiques sont présentes dans les forêts et les pâtures ; s’il en existe plusieurs espèces en France, seul Ixodes ricinus est capable de transmettre la borréliose.

On estime à 27 000 le nombre de nouvelles personnes touchées chaque année dans l’Hexagone par cette maladie (65 000 en Europe). Encore mal diagnostiquée dans notre pays et considérée comme une maladie rare, cette affection s’exprime par diverses manifestations dermatologiques, neurologiques, articulaires, et plus rarement cardiaques ou ophtalmiques plus ou moins graves (voir à ce sujet l’étude menée sur plus de 1 000 cas par le CNR entre 2006 et 2009).

Surtout en forêt

La cartographie de la borréliose est donc étroitement liée à celle de la population des tiques Ixodes, elle-même liée à celle de la faune sauvage et surtout des rongeurs. Il faut également considérer les données climatiques (températures et humidité notamment) pour rendre compte de la densité plus ou moins forte de ces acariens et des risques d’être piqué et contaminé. En Europe, on estime qu’en moyenne 13,7 % des tiques seraient contaminées, avec de fortes variations d’une région à l’autre.

Ixodes ricinus est présent sur tout le territoire français, à l’exception du pourtour méditerranéen, essentiellement dans les forêts, plus que dans les espaces ouverts comme les prairies. Les facteurs influençant leur densité sont l’hygrométrie, la température (entre 7 et 25 °C), la présence de végétaux et la diversité animale. Dans l’Hexagone, leur période d’activité s’étend de mai à octobre, avec un dynamisme plus faible en été.

Les tiques ont développé des systèmes pour détecter la présence d’un hôte (gaz carbonique, vibrations, température), et se postent à l’affût au sommet d’une brindille pour s’attacher à leur proie afin d’effectuer leur repas sanguin.

Les seniors… et les enfants

Les forestiers et les chasseurs sont les principaux groupes à risque. Les adultes de 50-65 ans sont principalement concernés, car ils fréquentent davantage les milieux forestiers. Les 5-9 ans constituent une nouvelle cible : les habitations récemment construites à proximité des forêts induisent un risque inédit pour ces enfants non avertis et qui, devenant autonomes pour la toilette, échappent à l’inspection quotidienne de leurs parents.

Des données expérimentales européennes et cliniques ont montré que le risque de transmission de la borréliose est réel dès 24 heures d’attachement. Il est maximal à partir de 72 heures de fixation de la tique. À noter que ces données ont été observées pour Ixodes scapularis, une tique présente sur le continent nord-américain.

Les régions de l’Est sont les plus touchées

Pour la période allant de 2009-2011, l’estimation annuelle de l’incidence nationale de la borréliose de Lyme était en moyenne de 43 cas pour 100 000 habitants (soit 27 000 cas par an) ; ce chiffre est demeuré stable au cours des trois années. Le nombre moyen d’hospitalisations par an est estimé à 1,5/100 000, soit environ 1000 cas annuels en France.

Il existe des disparités régionales importantes : plus de 100 cas/100 000 pour l’Alsace et la Meuse, 50-100/100 000 pour la Champagne-Ardenne, l’Auvergne, la Franche-Comté, le Limousin, la région Rhône-Alpes, moins de 50/100 000 pour le Centre, la Basse-Normandie et l’Aquitaine.

 

Cette disparité est liée au climat qui varie selon les régions, à la présence plus ou moins importante de milieu boisé et au mode de vie des habitants. Il faut également souligner que le Réseau Sentinelles – qui récolte les données – est plus ou moins bien renseigné d’une région à l’autre.

Une étude réalisée par l’Institut Pasteur de Paris indique d’autre part que 12,4 % des nymphes sont infectées par les borrélies dans les forêts de Fontainebleau et Rambouillet. D’autres travaux épidémiologiques, toujours conduits par l’Institut Pasteur, sur 211 forestiers (une population à fort risque de contamination) d’Île-de-France indique une séroprévalence de 15,2 %. C’est-à-dire qu’environ 15 % de ces travailleurs ont été en contact avec les borrélies et possèdent des anticorps dirigés contre cette bactérie. Aucune forme clinique visible de la maladie n’a été observée durant l’étude.

Des chiffres à prendre avec des pincettes

Il existe, si l’on compare à ce qui se fait chez nos voisins européens ou nord-américains, peu d’études épidémiologiques en France sur la maladie de Lyme. Les seules informations disponibles ont été obtenues par le Réseau Sentinelles et le Cire puis mises en ligne par l’InVS.

Des données, collectées entre 2009 et 2011 par le Réseau Sentinelles et diffusées par l’InVS, ont ainsi permis de calculer une incidence moyenne par région.

Ces chiffres sont cependant à prendre avec prudence. Prenons un exemple : en Lorraine, l’incidence (c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas par an) serait de 23/100 000 habitants, soit une estimation de 540 personnes contaminées chaque année en Lorraine. Mais le rapport du HCSP indique pour sa part que les départements lorrains comme la Meuse et les Vosges seraient fortement impactés, avec des incidences de l’ordre de 200/100 000 habitants, représentant pour ces deux départements (sur les quatre que compte la région), environ 1 130 personnes contaminées par an.

 

Les estimations à notre disposition montrent une grande hétérogénéité et ne peuvent donc donner qu’une idée de la contamination.

Ces données régionales – calculées à partir d’un nombre de cas officiels enregistrés chez des médecins du Réseau Sentinelles – sont aujourd’hui contestées. Car les cas positifs ont été identifiés avec des tests diagnostics critiqués par le corps médical, qui s’accorde à dire que ces derniers ne sont pas assez sensibles pour détecter tous les malades.

En attendant de nouvelles études

Le risque d’être contaminé par la maladie de Lyme après une morsure de tique infectée est, au vu des données disponibles, très difficile à établir pour l’instant. On l’a vu, il est également très variable d’une région à l’autre, les données climatiques, géographiques et sociétales devant être prises en compte dans l’évaluation.

Des études demandées par l’ARS dans les différentes régions françaises, et en Alsace plus particulièrement, devraient permettre dans les mois à venir de mieux cartographier la maladie de Lyme.

Les outils utilisés pour qualifier un cas de positif (qui se basent sur une réponse immunitaire du malade) ne permettent pas de détecter les formes chroniques de la maladie, lorsque le système immunitaire est lui-même diminué. Les avancées et les connaissances sur Lyme ne seront ainsi obtenues que lorsque les médecins disposeront de méthodes de détection correcte, comme le souligne Christian Perronne.

En attendant ces nécessaires avancées, des outils de prévention ont été mis en place par l’ARS pour informer au mieux la population et tenter de limiter les risques de contamination.

 

Source : Sandrine Banas, Maître de conférences en parasitologie à la faculté de pharmacie de Nancy, Université de Lorraine

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation, le 28 septembre 2016. (CC) BY SA.

La tique

Vecteur principal de la maladie de Lyme

Un lien bien pratique afin de vous aider à dépister la maladie de Lyme !

 

Source : TIQUATAC

Un lien vous permettant de faire le bilan et de prendre en compte les risques de burn-out dans votre vie de tous les jours : https://www.therapiebreve.be/plus/tests/burnout-cbi

 

Source : Thérapie Brève

TRIBUNE Alain Trautmann, immunologiste, directeur de recherche au CNRS et à l’Institut Cochin redoute un nouveau scandale sanitaire autour de la maladie de Lyme. Il accuse l’Académie de médecine et le Centre National de Référence sur cette maladie d’un déni de réalité allant à l’encontre des faits scientifiques établis.

ANTIBIOTIQUES. La maladie de Lyme est provoquée par la piqûre de tiques porteuses de plusieurs pathogènes dont Borrelia, une bactérie spirochète (en forme d’hélice)Si la piqûre de tique déclenche une réaction inflammatoire aiguë caractéristique correctement détectée, l’infection peut être éradiquée par la prise immédiate d’antibiotiques. Mais si ces signes ont échappé à l’observation, la personne risque de développer une maladie chronique. Or, cette maladie chronique n’est aujourd’hui pas reconnue en France, en dépit de données scientifiques indiscutables qui en démontrent l’existence.

La position officielle en France est donnée par la conférence de consensus de 2006 . Elle est défendue par le CNR (Centre national de référence des Borrelia ), à Strasbourg, fortement soutenu par l’Académie de Médecine . Ces deux institutions s’appuient sur les recommandations de l’IDSA (Infectious Diseases Society of America) aux Etats-Unis. Ces différentes structures défendent quelques affirmations cruciales :

  1. La maladie de Lyme est facile à détecter grâce à des tests fiables à 100%
  2. Tout patient traité pendant 3 à 4 semaines par antibiotiques est guéri.
  3. La forme chronique de la maladie n’existe pas
  4. Les formes kystiques de Borrelia (formes résistantes aux antibiotiques) sont des artefacts obtenus in vitro, ils n’existent pas in vivo.
  5. Les co-infections par d’autres pathogènes que Borreliasont rares.

Toutes ces affirmations sont fausses, et démenties par des faits scientifiques établis comme on va le voir. Ce déni de réalité est très grave, car, en empêchant de s’attaquer correctement à cette maladie, il crée des souffrances majeures pour les patients, et pourrait déboucher sur un scandale sanitaire qui peut être évité si l’on met fin énergiquement à ce déni de réalité.

CONTROVERSE. Qu’est-ce qui peut expliquer un tel déni ?

1) La maladie de Lyme chronique est, pour des raisons que l’on va expliciter, difficile à diagnostiquer, difficile à traiter, notre ignorance à son sujet est très importante. Savoir reconnaître son ignorance est souvent indispensable, mais certains y répugnent.

2) Des médecins qui, à un moment ont pris des positions tranchées ont ensuite refusé d’en démordre.

3) CNR et Académie dénient toute compétence aux associations de malades, même lorsqu’elles s’appuient sur des scientifiques et des médecins en leur sein, et sur les observations détaillées des patients (comme ce fut le cas d’Act up pour le sida).

4) L’absence d’un traitement efficace laisse la porte grande ouverte à de nombreux charlatans, qui brouillent le paysage et renforcent le CNR et l’Académie dans leur position intransigeante et crispée.

5) Aux Etats-Unis, le déni de la forme chronique de Lyme arrangeait bien les assurances médicales qui ne souhaitaient pas rembourser des traitements longs.

Aux Etats-Unis, le CDC (Centre pour le contrôle et la prévention des maladies) comptabilisait 30.000 nouveaux cas de Lyme chaque année jusqu’en 2013. Cette année-là, ce chiffre a été multiplié par 10. Des enquêtes épidémiologiques sur plusieurs années menées auprès de cliniciens et d’assurances médicales avaient montré que le nombre réel de malades était effectivement très supérieur au nombre de cas officiellement transmis au CDC. Toujours aux Etats-Unis, il y a une véritable guerre entre deux associations, l’IDSA et l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society). La seconde, regroupant de nombreux malades et médecins, se bat pour la reconnaissance de la réalité de la forme chronique de la maladie. Pendant longtemps, seuls les critères de l’IDSA étaient reconnus officiellement, par le CDC ou par le NGC (National Guidelines Clearinghouse), une base de données qui fournit les informations de référence pour les professionnels de santé et les compagnies d’assurance. En 2016, si le CDC n’a rien changé, le NGC a retiré de son site les critères de l’IDSA pour afficher ceux de l’ILADS. Mais avant cela, entre 2009 et 2011, les Etats du Connecticut, Massachusetts, Rhode Island et de Californie avaient déjà modifié leurs lois de santé autorisant la prescription d’antibiotiques à long terme dans la maladie de Lyme. Et le 1er août 2016, le Sénat du Massachussetts, un des Etats les plus touchés par la maladie de Lyme (et qui concentre aussi énormément de chercheurs), a voté une loi obligeant les assurances de santé à rembourser les traitements à long terme par antibiotique pour la maladie de Lyme. Ceci revient à reconnaître officiellement l’existence d’une maladie chronique.

SCANDALE. Pourquoi de telles incertitudes sur la maladie de Lyme ? La première raison est que Borrelia est une bactérie spirochète qui peut adopter plusieurs formes. On peut observer de longues spirales mobiles, ou des amas immobiles appelés biofilms, très résistants aux antibiotiques, ou de petits kystes, vivant au ralenti, également résistants aux antibiotiques habituels. Ces formes résistantes expliquent qu’un traitement antibiotique ne permet pas d’éradiquer définitivement la bactérie, sauf lorsqu’il est donné juste après la piqûre de tique.

Autre point d’achoppement. Le test de première ligne utilisé en France pour dépister la maladie de Lyme est un test ELISA (enzyme-linked immunosorbent assay). Celui vendu par la société BioMérieux (50% du marché) recherche l’existence d’anticorps que le patient aurait fabriqué contre trois espèces de Borrelia, dont Borrelia burgdorferi, l’espèce la plus représentée… aux Etats-Unis ! Il ne permet donc pas de détecter de nombreuses autres espèces de Borrelia présentes en Europe. De plus, d’anciennes recommandations européennes utilisées dans l’hexagone pour des maladies rares fixent le seuil de sensibilité de l’ELISA de façon à ce que 90% à 95% des tests réalisés soient négatifs. Or, l’affirmation que la maladie de Lyme est rare est totalement arbitraire. On sait que le pourcentage de faux négatifs avec le test ELISA est très élevé. L’ILADS estime qu’il serait de l’ordre de 35% aux Etats-Unis. Il n’a aucune raison d’être plus bas en Europe.

Pour détecter la présence d’anticorps anti-Borrelia, l’Allemagne utilise un autre test, le Western Blot (WB). Celui-ci permet de visualiser 8 anticorps dirigés spécifiquement contre 6 espèces de Borrelia trouvées en Europe. Par sa conception, ce test est beaucoup plus sensible que l’ELISA français. Il n’est pas étonnant que le nombre de cas de borréliose détectés en Allemagne soit 10 fois plus élevé qu’en France. Or en France, le WB n’est utilisé que comme test de confirmation des ELISA positifs. On admirera la logique du CNR : si le test le moins fiable est positif (ELISA), alors on utilisera le test le plus fiable (Western-Blot) pour confirmer pour confirmer le premier. Et tant pis pour les patients faux-négatifs, considérés comme des malades imaginaires, déclarés négatifs par ELISA alors qu’ils auraient pu être dépistés avec le Western Blot.

PATHOGENES. Il est aussi possible de détecter directement dans le sang la présence d’ADN caractéristique de Borrelia, par PCR (Polymerase chain reaction). Mais sa présence en très faible quantité dans le sang rencontre parfois les limites de sensibilité de la méthode. Cependant, dans le cas du Lyme, elle a l’énorme avantage de permettre de rechercher non seulement Borrelia mais les nombreux autres pathogènes co-injectés par la tique au moment de la piqûre : des bactéries (Ricksettia, Bartonella), des parasites toxiques (Babesia) ou des virus. Même si la borréliose est correctement traitée, ces pathogènes co-injectés peuvent prendre le relais pour entretenir un état pathologique. Les traitements contre des bactéries, des parasites et des virus ne sont pas les mêmes. Il est donc très important de rechercher ces agents co-infectants pour pouvoir les traiter. Le test par PCR disponible en France, n’était, jusqu’à peu, utilisé qu’en milieu hospitalier lors de suspicion d’une forme neurologique grave. Le choix de certains médecins de l’utiliser, à la charge financière du patient, est déconseillé par le CNR.

Reprenons les 5 affirmations du CNR et de l’Académie de Médecine, toutes fausses. En réalité :

  • La maladie de Lyme n’est pas facile à détecter, les tests ELISA donnent trop de faux négatifs. Une méta-analyse récente l’a établi.
  • Un traitement antibiotique de 3 – 4 semaines ne permet pas toujours de guérir. De nombreux exemples d’individus traités avec des antibiotiques et toujours infectés après ont été publiés.
  • La maladie de Lyme chronique existe.
  • Des preuves très claires de l’existence in vivo de formes kystiques de Borrelia ont été publiées.
  • Après une piqûre de tique, les co-infections par d’autres pathogènes que Borrelia sont la règle et non l’exception.

Défendre des positions contraires aux faits scientifiquement établis, ce n’est pas une opinion, c’est du déni de réalité. Pour un scientifique, c’est une faute professionnelle. Le problème est que, pour Lyme, en France, le CNR et l’Académie de médecine qui nient la réalité, sont en situation de pouvoir. C’est le message dominant, très largement diffusé auprès du grand public comme dans l’émission diffusée sur internet “Les Jeudis de la formation” (les 12 et 22 octobre 2017) consacrée à la maladie de Lyme. Toutes les positions anti-scientifiques y sont affirmées, avec l’omnisicence de médecins affichant leur mépris pour les associations de malades dépeints comme illuminés, ignorants et manipulés, qui n’ont pas droit à la parole.

Les fausses controverses entretenues par déni de la réalité sont vouées à disparaître, car les faits scientifiques finissent par s’imposer. En attendant, elles créent des souffrances inutiles, inacceptables, et pourraient déboucher sur un scandale sanitaire comme notre pays en a déjà connus.

Il faut aujourd’hui commencer par reconnaître notre trop grande ignorance sur la maladie de Lyme, pour pouvoir s’attaquer à la faire reculer, en favorisant les recherches sur ce sujet. Ce qui suppose qu’on y affecte des moyens. Il faudra que d’autres tests soient utilisés et remboursés. Il faudra adopter, au niveau international des critères d’évaluation indiscutables, “gold standard” comme cela a été proposé.

Source : Sciences et Avenir

Alors qu’en France un protocole de diagnostic et de soins est en cours de rédaction à la Haute Autorité de santé (HAS), les controverses autour de la maladie de Lyme ont toujours cours. C’est ainsi qu’une équipe de l’université Tulane relance l’idée d’une maladie de Lyme chronique, chez le singe, dans deux publications, l’une dans « PLoS One », l’autre dans « The American journal of Pathology ».

Ces travaux réalisés avec le soutien des Instituts nationaux de la santé américains (NIH) et de la fondation « pro-Lyme », la Bay Area Lyme, montrent chez des singes macaques Rhésus que la bactérie Borrelia burgdorferi persiste dans plusieurs organes plusieurs mois après inoculation, y compris après antibiothérapie par doxycycline pendant 28 jours administrée 4 mois post-inoculation.

Plusieurs outils pour traquer B. burgdorferi

Pour leurs travaux dans ce modèle de maladie de Lyme, les chercheurs ont inoculé la bactérie par morsure de tique et surveillé les animaux sur une période d’environ 1,2 an.

Pour rechercher la persistance du spirochète dans l’organisme, l’équipe dirigée par Monica Embers a utilisé plusieurs méthodes : détection moléculaire, immunomarquage avec anticorps monoclonaux et polyclonaux, culture in vivo mais aussi xénodiagnostic. Cette dernière méthode consiste à faire piquer l’animal par une tique non infectée, et à rechercher la présence de la bactérie au sein de l’acarien vecteur.

Les chercheurs arrivent à plusieurs conclusions, la première étant qu’il existe une grande variabilité de la réponse anticorps à 5 antigènes testés, à la fois chez les sujets traités et non traités. Les auteurs insistent sur « l’absence de corrélation entre les réponses sérologiques et une infection active ».

Une petite population bactérienne dormante

De plus, douze à 13 mois après l’inoculation, l’équipe a observé chez quelques singes la présence de spirochètes rares et morphologiquement intacts dans certains organes (cœur, cerveau, nerfs périphériques), même en cas de sérologie négative et y compris après traitement antibiotique. Des cultures de cellules cardiaques ont montré la persistance de spirochètes métaboliquement actifs dans le cœur. Un singe non traité, avec un test xénodiagnostique négatif, s’est révélé porteur de spirochète au niveau de la vessie.

Par rapport à des contrôles non infectés, les singes infectés présentaient une inflammation intra- et péricardiaque, dans les muscles squelettiques, les articulations, les méninges et les nerfs périphériques. « La doxycycline a pu réduire les spirochètes à une petite population dormante mais sans débarrasser les primates de B. burgdorferi viable », est-il écrit dans « PLoS One ».

Absence de preuves chez l’homme

La persistance rare et faible de la bactérie existe-t-elle chez l’homme et entraîne-t-elle un état inflammatoire chronique ? Si oui, le phénomène est-il en cause dans les symptômes non spécifiques allégués à une maladie de Lyme chronique ? Ce n’est pas encore prouvé chez l’homme, mais c’est l’hypothèse de Monica Embers : « Nous avons été capables d’observer l’existence d’une maladie microscopique et un faible nombre de bactéries, qui seraient difficiles à observer chez l’homme mais qui pourraient être la cause de symptômes variables et non spécifiques. » L’infectiologue américaine ajoute « qu’un traitement de 28 jours pourrait être insuffisant », apportant du grain à moudre en faveur d’un traitement antibiotique prolongé défendu par les « Lyme doctors ».

Ces éléments récents chez l’animal pourraient alimenter un débat bien connu pour être animé. Début novembre, l’Académie de médecine s’était inscrite en faux contre la « fédération française contre les maladies vectorielles à tiques » et « l’International Lyme and associated diseases society », soulignant l’absence de preuve pour l’hypothèse « d’une crypto-infection servant à justifier le recours à des traitements antibiotiques prolongés ».

 

Source : Le Quotidien du médecin

Le troisième comité de pilotage du plan national de prévention et de lutte contre la maladie de Lyme s’est tenu hier au ministère des Solidarités et de la Santé, en présence des associations de patients, des représentants des agences de sécurité sanitaire, de la Haute Autorité de santé (HAS) et de l’Assurance-maladie.

La réunion présidée par le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la santé (DGS), a fait état, à 18 mois du lancement du plan, des conclusions du protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) élaboré par la Haute Autorité de santé (HAS) et la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) avec les professionnels et les associations de patients.

Validation à venir

Ce PNDS a pour vocation à poser les bases d’une « prise en charge harmonisée sur le territoire », précise la DGS. Le parcours gradué de soins comprend les médecins généralistes, les centres de compétence pluridisciplinaire dans chaque région et les 5 centres de référence interrégionaux, qui seront mis en place en janvier 2019. Le protocole ne sera communiqué qu’après sa validation par le Collège de la HAS, qui devrait avoir lieu courant avril.

Par ailleurs, le point a été fait sur les mesures déjà réalisées. Santé publique France (SPF) a présenté les données les plus récentes permettant de déterminer l’incidence de la maladie de Lyme à travers différentes méthodes de surveillance, en s’appuyant notamment sur le réseau Sentinelles.

Appli, répulsifs, tests

Le bilan du site « Signalement tique », cette application lancée en juillet 2017, a été présenté par l’Institut national de recherche agronomique (INRA), l’École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Cette application permet à chaque citoyen de signaler et de géolocaliser une piqûre de tique et de recevoir des conseils de prévention. À ce jour, environ 35 000 chargements ont été enregistrés et 5 000 piqûres signalées, indique le communiqué.

D’après sa dernière expertise, l’ANSES recommande de privilégier les répulsifs disposant d’une AMM, « ce qui garantit une protection efficace et l’absence d’effets nocifs pour la santé humaine et l’environnement », précise le communiqué.

L’Agence du médicament (ANSM) a présenté le résultat du contrôle de la qualité des tests diagnostiques. « L’ANSM prendra toutes les mesures qui s’imposent pour garantir la conformité des tests mis sur le marché », est-il indiqué.

 

Source : Le Quotidien du médecin

La mésothérapie a été développée, dans les années 1950, par le Dr Michel Pistor, à la suite d’une observation clinique faite au cours de son exercice de médecine générale. Près de 70 ans plus tard, cette pratique reste essentiellement empirique. Dans les suites de la tribune des 124 médecins contre les “pseudo médecines à l’efficacité non prouvée”, Egora fait le point sur les quatre médecines alternatives et complémentaires officiellement reconnues par de Conseil national de l’Ordre. Que dit la science sur ces disciplines ? Dernier épisode : la mésothérapie.

Une trentaine d’essais cliniques contrôlés, seulement, sont répertoriés sur Medline, dont la plupart concerne la mésothérapie à visée esthétique. Les autres indications sont représentées essentiellement par des pathologies douloureuses. Leurs résultats sont presque toujours en faveur de la mésothérapie, mais ces travaux sont bien trop hétérogènes et leurs méthodologies discutables pour pouvoir conclure. De plus les essais contrôlés par rapport à une mésothérapie fictive sont exceptionnels, ce qui ne permet pas de faire la part d’un effet placebo, d’autant plus probable que l’évaluation est faite sur des critères subjectifs comme la douleur.

L’étude la plus convaincante a été menée par une équipe italienne, qui a traité 40 patients ayant une tendinite calcifiante de l’épaule par mésothérapie avec injection d’EDTA, associée à des ultrasons pulsés, et 40 autres par une mésothérapie réalisée avec une solution placebo, associée à des ultrasons fictifs (Cacchio A et coll.Arthritis Rheum.2009). Les scores de douleurs étaient significativement diminués une semaine après la fin du traitement et un an plus tard dans le groupe ayant bénéficié de la mésothérapie réelle, mais pas dans le groupe contrôle. Critère de jugement secondaire, les calcifications avaient disparu totalement chez 62,5% et régressé chez 22,5 % des patients ayant eu la mésothérapie et la sonophérèse, mais chez  0 % et 15 % des patients après procédure fictive. Cet essai est la seule étude “méthodologiquement acceptable”, estimaient, en 2010, les auteurs d’un rapport thématique de l’Inserm (“Evaluation de l’efficacité de la pratique de la mésothérapie à visée thérapeutique”, Inserm U669). Cependant, l’association de la mésothérapie aux ultrasons ne permet pas de conclure sur l’efficacité de chacun de ces deux traitements.

Un autre essai sur les tendinites, français, publié en 1990, a donné des résultats bien différents. Trois groupes de 20 patients ont été traités par mésothérapie avec du diclofénac, par mésothérapie au sérum physiologique ou par la seule piqûre au pistolet (Menkes J.C.et coll., Rev.Rhum.Mal.Osteoartic., 1990). Les patients des trois groupes ont exprimé une égale satisfaction du traitement reçu.

Cinq essais ont été menés sur les lombalgies et lombo-sciatiques

Dans une étude randomisée italienne incluant 84 patients souffrant de douleurs lombaires aiguës, un traitement anti-inflammatoire (kétoprofène + méthylprednisolone ) administré par mésothérapie a fait aussi bien que le traitement conventionnel par voie orale et intramusculaire (Costantino C.et coll.Evid Based Complement Alternat Med. 2011).

Une autre étude italienne a comparé un traitement combinant mésothérapie, orthèse de soutien et exercices spécifiques à une thérapie au laser chez 22 patients ayant des lombalgies subaiguës associées à des signes de dysfonction sacro-iliaque (Monticone M. et coll.Eura Medicophys.2004). Seul le groupe ayant eu le traitement combiné a bénéficié d’une diminution des douleurs à l’issue du traitement et un an plus tard. Cependant, le protocole ne permet pas de déterminer la part respective des trois éléments de cette prise en charge dans l’effet observé.

Une équipe égyptienne a réparti 120 patients souffrant de lombalgies chroniques en trois groupes, traités soit par AINS oral et cortisone intramusculaire, soit par mésothérapie avec AINS et cortisone, soit par mésothérapie avec du venin d’abeille (Senara SH et coll.MJMR 2015). Les trois traitements ont entraîné une diminution significative des douleurs à court terme.

Deux autres essais, italiens, apportent des résultats mitigés. L’un montre une efficacité supérieure de la mésothérapie lorsqu’elle est réalisée sur des points d’acupuncture, plutôt que sur les points classiques de mésothérapie (Di Cesare A. et coll., Complement Ther Med. 2011). L’autre, non référencé dans Medline, a comparé une mésothérapie avec de l’Aspirine à une mésothérapie sans principe actif, en association au traitement classique, chez 44 patients atteints de lombosciatique. Un effet significatif de la mésothérapie sur les douleurs a été observée après la première administration, mais pas après les séances suivantes (Parrini M. et coll. Minerva Ortopedica e traumatologica, 2002). L’American College of Physicians a publié une revue systématique sur les traitements non pharmacologiques des lombalgies, dans laquelle la mésothérapie n’est pas mentionnée (Chou R. et coll. Ann.Intern.Med.2017).

Deux études ont été publiées sur l’arthrose

La plus récente, chinoise, a comparé deux groupes de patients souffrant d’une arthrose du genou, les uns ayant une contre-indication aux AINS (n=26)  et traités par mésothérapie  (lidocaïne, piroxicam et calcitonine à la phase aiguë, ou procaïne, silice organique et calcitonine à la phase chronique), les autres traités par AINS par voie orale (n=24). Une diminution significative de la douleur a été constatée dans les deux groupes, mais avec l’inconvénient pour les patients traités par AINS oraux d’avoir davantage de symptômes gastriques (Chen L et coll., Evid. Based Complement. Alternat. Med. 2018). L’autre étude, italienne, concerne les bursites de la patte d’oie liée à l’arthrose. Après tirage au sort, 117 patients ont été traités par mésothérapie (diclofénac 3/semaine pendant 3 semaines ) ou diclofénac oral (50 mg/j pendant trois semaines). A un et trois mois, la douleur avait significativement diminué dans les deux groupes, mais la zone hyperéchogène était réduite uniquement chez les personnes traitées par mésothérapie (Saggini R. et coll., J Altern Complement Med. 2015).

D’autres indications ont fait l’objet d’essais isolés. Ainsi dans une étude réunissant 85 patients atteints deleishmaniose, le traitement antiparasitaire était aussi efficace qu’il soit administré par une mésothérapie ou par les injections intralésionnelles classiques, mais moins douloureux avec la mésothérapie (Kashani MM et coll. Int.J.Dermatol. 2010).

La mésothérapie a également été testée après chirurgie stomatologique, dans une étude française non randomisée, au cours de laquelle 10 patients ont reçu des microinjections multiples de diclofénac autour des sutures. Ces injections ont eu une efficacité  supérieure à celle des AINS par voie orale sur les douleurs et identique sur l’œdème, avec des doses dix fois moindre d’AINS (Einholtz B.et coll. Actual Ondostomatol ., 1990).

Trois essais menés par une équipe chinoise indique que la stimulation ovarienne pour fécondation in vitro pourrait être administrée par mésothérapie vaginale ou abdominale (Hsu CC et coll. Reprod Biol Endocrinol. 2009, Fertil Steril. 2011), avec des taux de transfert, de grossesse et de naissance identiques à ceux obtenus après des injections classiques de FSH,  bien que le nombre d’ovocytes matures recueillis soit inférieur (Hsu CC et coll. Reprod Biomed Online. 2008).

Une littérature aussi pauvre n’autorise pas une véritable analyse. “Il est impossible de dire à partir de données factuelles si le rapport bénéfice/risque de la mésothérapie est favorable”, écrivaient, en 2010, les auteurs du rapport de l’Inserm. Les choses ont peu changé depuis, la rareté des études et leurs faiblesses méthodologiques empêchant toujours d’affirmer l’efficacité de  la mésothérapie, même si celle-ci n’est pas exclue.

Le tableau est similaire pour la mésothérapie à visée esthétique, qui a fait l’objet d’un autre rapport d’expertise de l’Inserm, dont la conclusion est tout aussi réservée. Des protocoles variés sont proposés pour traiter l’alopécie, rajeunir le visage, réduire la cellulite, réaliser une lipolyse, “sculpter” le corps… Les résultats des rares essais cliniques comparatifs sont disparates et certains franchement négatifs. “Il est regrettable de constater, qu’à ce jour, aucune étude méthodologiquement correcte ne permet de confirmer ou d’infirmer l’intérêt de l’approche dans au moins une de ses indications, estimaient les auteurs du rapport de l’Inserm. Plusieurs travaux sont potentiellement intéressants, ils ne conduisent cependant qu’à formuler des hypothèses restant encore à explorer”.

Par ailleurs, plusieurs publications font état de complications, dont la fréquence est inconnue. Parmi celles-ci, on peut citer réactions locales, alopécie, allergies, toxidermies lichenoïdes… Mais c’est le risque d’infection, du fait de la multiplicité des injections, qui apparaît le plus préoccupant. Entre 1986 et 1992, la mésothérapie a été mise en cause dans 15 % des 92 cas d’infections cutanées mycobactériennes recensés en France. En 2006 et 2007, 16 cas d’infections sous-cutanée à mycobactéries atypiques ont été identifiés dans la clientèle d’un généraliste parisien et 7 cas ont été signalés en 2009.

Dans un rapport publié en juin 2014 (“Evaluation des risques liés aux pratiques de mésothérapie à visée esthétique”), la HAS confirmait ne pas disposer d’éléments pour évaluer la fréquence de ce risque infectieux. Elle soulignait également l’hétérogénéité des pratiques, qui reposent sur l’utilisation de médicaments hors AMM et à des teneurs non standardisées. Cette situation est d’autant plus inquiétante que, estimait-elle,  “les systèmes de vigilances actuellement en place ne permettent pas d’effectuer une surveillance satisfaisante des effets secondaires dans le domaine de la médecine esthétique et de la mésothérapie en particulier”.

Codée, mais pas remboursée

Depuis 2003, la mésothérapie est reconnue par le Conseil national de l’Ordre des médecins, au même titre que l’acupuncture, l’homéopathie et l’ostéopathie. Un DIU est dispensé dans cinq villes de France, autorisant un médecin à faire mention de ce diplôme sur sa plaque et ses ordonnances.

La séance de mésothérapie à visée antalgique est codée dans la Classification commune des actes médicaux, mais n’est pas actuellement tarifée. L’acte en tant que tel n’est donc pas remboursé, mais s’il est réalisé à l’issue d’une consultation, celle-ci peut l’être. La mésothérapie à visée esthétique, classée dans la catégorie “médecine de confort”, n’est pas remboursée.

Beaucoup de pratiquants sans DIU

En 2015, 550 médecins étaient titulaires d’un  DIU et avaient déclaré l’orientation mésothérapie au Conseil national de l’Ordre des médecins. Mais le diplôme n’est pas obligatoire pour exercer et il est probable que plus de 10 000 médecins ont recours à la mésothérapie au moins occasionnellement. Lors de l’enquête Baromètre santé médecins généralistes 2009, un quart des généralistes déclaraient pratiquer la mésothérapie (0,5 % systématiquement, 6,9 % régulièrement, 18,4 % occasionnellement). Ils étaient bien plus nombreux en 1994 (40,7 %), ce qui témoigne d’une relative désaffection pour cette méthode.

 

Source : Egora.fr

Reportage intéressant sur la Maladie de Lyme sur la chaîne France 2, en date du Jeudi 10 Mai 2018.
 https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-jeudi-10-mai-2018_2735517.html

Le passage débute à 29:15.

 

Source : France2

Reportage ayant pour sujet la mésothérapie à l’occasion de l’émission “Télé-Matin”.
Bon visionnage !

Source : Télé-Matin

Une étude menée en consultation d’infectiologie montre que parmi les patients se présentant en consultation pour une suspicion d’infection à Borrelia burgdorferi, ceux effectivement atteints de maladie de Lyme sont peu nombreux. Les pathologies expliquant leurs symptômes relèvent plutôt de la médecine générale, de la neurologie ou de la rhumatologie.
À l’occasion des 19e Journées nationales de l’infectiologie, qui ont lieu à Nantes du 13 au 15 juin, le Pr Éric Caumes va présenter les résultats d’une étude qu’il a menée dans sa consultation à la Pitié-Salpêtrière, montrant que la grande majorité des patients qui consultent pour une suspicion de maladie de Lyme souffrent en fait d’autre chose… et ont largement été traités abusivement.
L’étude a porté sur 301 patients, ayant consulté entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2017, pour une borréliose de Lyme supposée, au département des maladies infectieuses et tropicales à la Pitié-Salpêtrière. Parmi eux, 183 étaient des femmes, et l’âge médian était de 50 ans.
Quatre critères diagnostiques : « Nous avons retenu quatre critères diagnostiques pour définir une borréliose de Lyme, explique le Pr Caumes au «Quotidien ».
D’abord, un critère épidémiologique : l’exposition aux tiques, critère volontairement large et inclusif, qui concernait 91 % de nos patients (seulement 54% avaient avec certitude été mordus). Puis un critère clinique caractéristique (présence de signes cliniques de type arthrite, érythème migrant, méningoradiculite…). Ensuite un critère sérologique : nous avons pour celui-ci retenu un test ELISA (qui n’est pas très exigeant et entraîne de nombreux faux positifs) ou un Western Blot, à 3 bandes (là où les Américains en demandent 5, mais il n’y a pas de consensus scientifique à ce sujet). Enfin, nous avons pris en compte la réaction du patient au traitement, en vérifiant s’il était ou non répondeur à une antibiothérapie. »
Le nombre médian d’organes présentant un ou des symptômes était de 3 par patient (entre 0 et 12), d’une durée médiane de 16 mois. Le nombre médian de signes caractéristiques d’une borréliose était de 0 (entre 0 et 2). Parmi les 301 patients, 78 n’avaient pas reçu de traitement avant d’arriver à la consultation du Pr Caumes, et le diagnostic était en fait très clair.
« J’ai ainsi reçu une patiente présentant tous les symptômes d’une maladie de Parkinson, que j’ai envoyée chez un neurologue qui a confirmé le diagnostic ; ou encore une autre qui souf frait d’un syndrome de stress post-traumatique, réactivé à l’occasion d’un voyage dans son pays d’origine, où elle avait subi des violences graves étant enfant », précise le Pr Caumes. Pour 72 autres patients qui n’avaient pas reçu de traitement, le diagnostic n’était pas clair.
Par ailleurs, 135 patients avaient été surtraités (traitements antibiotiques trop longs) et 16 sous-traités. Parmi ces 44,8 % de patients précédemment traités, la durée médiane d’antibiothérapie était de 30 jours (entre 5 et 730 jours), et le nombre médian de cures d’antibiotiques de 1 (entre 0 et 22 cures).
Les 72 patients non traités et les 16 sous-traités ont reçu un traitement antibiotique prescrit par le Pr Caumes (à base de doxycycline ou de ceftriaxone), et sur ces 88 patients, 46 n’ont pas été améliorés et 42 l’ont été. Des « vraies » maladies sous-jacentes Les auteurs ont considéré comme Lyme «certain» les patients positifs pour les 4 critères diagnostiques, et comme Lyme « possible », ceux qui en présentaient 3 (dont au moins la réponse favorable au traitement).
« Nous parvenons à 9,6 % de Lyme certain (dont quelques-uns n’avaient en effet pas été diagnostiqués précédemment, avec par exemple une arthrite de
Lyme typique à côté de laquelle rhumato et infectio étaient passés) et 2,6 % de Lyme possible », indique le Pr Caumes.
« Pour les autres, nous sommes parvenus à un diagnostic de maladie relevant de la médecine générale ou de troubles psychologiques (dépression, syndrome de stress post-traumatique, épuisement professionnel, harcèlement moral ou sexuel…) pour 30,8 % ; de troubles musculo-squelettiques et rhumato (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, arthrose diffuse, scoliose…) pour 20,5 % ; de la neurologie (sclérose en plaques, Parkinson, sclérose latérale amyotrophique…) pour 14,4 % ; d’autres pathologies (dont l’apnée du sommeil) pour 19,3 % ; et de polypathologies (par exemple de l’arthrose doublée d’une névralgie cervico-brachiale, ou d’une sciatique). Aucun diagnostic n’a pu être porté pour une vingtaine de patients. Quelques maladies systématiques (lupus, maladie de Horton…) ont aussi été observées. »

Source : Le Quotidien du médecin

L’incidence annuelle de borrélioses de Lyme a significativement augmenté en médecine générale au cours de l’année 2016, révèle le réseau Sentinelles dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » (« BEH »).

Après des chiffres globalement stables sur la période 2009-2015 – oscillant entre 41 cas pour 100 000 habitants en 2011 et 55 cas pour 100 000 habitants en 2013 –, l’incidence a connu « une augmentation significative en 2016 avec 84 cas déclarés pour 100 000 », est-il précisé.

À la veille du PNDS de la HAS

Dans un contexte controversé autour de la maladie, ce numéro du « BEH » sort la veille de la publication du très attendu protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) élaboré par la Haute Autorité de santé (HAS). La demande de reconnaissance par les associations de patients des formes chroniques, dites « sémiologie persistante polymorphe après morsure de tique » (SPPT) dans le « BEH », est le point épineux le plus sujet à dissension.

Une augmentation de l’incidence de la borréliose avait été observée dans certains pays européens, notamment l’Allemagne, la Suède, la Hongrie, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas. La surveillance épidémiologique est d’autant plus nécessaire que « l’impact potentiel du changement climatique sur la densité de tiques pourrait jouer un rôle important sur la dynamique de cette maladie à l’avenir », est-il souligné.

95 % de cas d’érythème migrant en MG

Dans l’éditorial, le Pr François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, et le Dr Jean-Claude Desenclos, directeur scientifique de l’institution, soulignent qu’en France « parmi les patients consultant un médecin généraliste, 95 % des cas présentaient un érythème migrant, forme la plus bénigne de la maladie ».

L’augmentation constatée en 2016 pourrait refléter « la médiatisation croissante de la maladie auprès du grand public et des professionnels de santé, permettant une meilleure reconnaissance de ce symptôme assez caractéristique à la fois par les personnes atteintes et les médecins », avancent-ils.

L’incidence est la plus élevée chez les personnes de 60-70 ans, qui est interprétée dans le « BEH » par une pratique populaire de la randonnée pédestre en forêt par les jeunes retraités.

L’Alsace la plus touchée

Le « BEH » met également en évidence une forte hétérogénéité géographique, avec des régions plus touchées que d’autres, notamment l’Alsace suivie du Limousin et de Rhône-Alpes. Une étude spécifique à l’Alsace renforce les résultats du réseau Sentinelles avec un pic d’incidence en période estivale, et des pics de fréquence (5-9 ans et 60-64 ans). Constat additionnel, la forêt ne représente que 56 % de l’exposition à risque, les jardins publics ou privés (26 %) et la prairie (17 %) étant les deux autres lieux de piqûre les plus fréquemment rapportés.

Pour ce qui est des hospitalisations pour Lyme, une étude indique que sur la période 2005 à 2016, l’incidence est stable de l’ordre de 1,1 à 1,5 cas pour 100 000 habitants. La neuroborréliose totalisant 51 % des cas est la manifestation la plus fréquente. La distribution par âge présente deux pics d’incidence, les 5-9 ans et les 70-79 ans.

Une prise de position de Santé Publique France

Alors que le tout prochain PNDS comprendra un volet dédié au diagnostic de la maladie, un article de ce « BEH » est consacré au diagnostic biologique, signé par le Pr Benoît Jaulhac, du centre national de référence des Borrelia au CHU de Strasbourg, régulièrement pris à partie par les associations de patients.

Tout en détaillant les limites de l’outil biologique (sérologie ELISA et Western blot), le spécialiste rappelle que le diagnostic repose « sur un faisceau d’arguments cliniques, épidémiologiques et biologiques », mettant en garde contre « des tests aux performances médiocres… dont le manque de spécificité n’est pas éthiquement acceptable ».

De leur côté, à l’approche du PNDS, les responsables de Santé publique France, qui se disent conscients des « errances diagnostiques » mais aussi « des dérives et dangers de prises en charge médicales alternatives », mettent en avant que la prise en charge du SPPT « n’en doit pas moins répondre aux bonnes pratiques cliniques qui se construisent sur les faits de la science ». La prévention est mise en avant, et l’institution rappelle la mise à disposition de supports aussi bien grand public que pour les professionnels de santé.

Source : Le Quotidien du médecin

La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu publique sa recommandation de bonne pratique sur la borréliose de Lyme et les autres maladies vectorielles à tiques (MVT) ce 20 juin, une semaine après sa validation en collège, et après de nombreux rebondissements.

Il est encore trop tôt pour parler de « protocole national de diagnostic et de soins » (censé remplacer la conférence de consensus de 2006) car le texte n’a pas été officiellement validé par les sociétés savantes, dont la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), pourtant partenaire de la HAS. Elles ont jusqu’au 16 juillet pour se prononcer. Un fait révélateur des tensions qui minent le dossier.

La HAS assume la responsabilité de cette publication, refuse de « jeter à la poubelle 18 mois de travail », selon les mots de la présidente le Pr Dominique Le Guludec, et tente de jouer l’apaisement : « C’est une étape indispensable pour proposer à tous les patients une prise en charge adaptée, et pour donner aux médecins de premier recours des recommandations sur lesquelles ils peuvent s’appuyer dans leur pratique y compris dans des circonstances où les données de la science peuvent ne pas être formelles », estime le Pr Le Guludec. Comme toute recommandation de la HAS, ce texte n’est pas opposable. « Mais les recommandations ont pour effet de faire avancer les prises en charge comme on l’a vu pour l’autisme », a souligné la présidente.

Diagnostic clinique avant tout, traitement par antibiotique

Dans 95 % des cas, la borréliose de Lyme, transmise par la bactérie Borrelia burgdorferi sensu lato, prend la forme d’un érythème migrant sur la peau, qui apparaît au site de la piqûre, 3 à 30 jours après. Le diagnostic est clinique ; il est recommandé de ne pas faire la sérologie sanguine car les tests Elisa ou Western Blot ne réagissent qu’aux anticorps, que le corps n’a alors pas encore eu le temps de produire. Le traitement, le plus précoce possible, consiste en une antibiothérapie (doxycycline ou amoxicilline) pendant 14 jours.

La HAS décrit également les formes plus complexes, disséminées. Elles peuvent être dermatologiques, neurologiques, et plus rarement articulaires, cardiaques ou ophtalmologiques, et précoces ou tardives. À chaque forme, sa stratégie diagnostique et thérapeutique. Pour le diagnostic, la sérologie sanguine (Elisa dans un premier temps, puis en cas de résultat positif ou douteux, Western Blot) est recommandée, sauf pour l’érythème migrant précoce (cf ci-dessus) et à localisation multiple.

Et pour tout  traitement antibiotique, la HAS recommande de ne pas dépasser les 28 jours.

Par ailleurs, l’autorité appelle à développer de nouveaux outils diagnostiques et des PCR spécifiques aux MVT. « Il n’existe pas de test diagnostique de l’infection en cours : on peut savoir s’il y a une réponse immunitaire, mais on ne sait pas si l’infection existe, ou a existé (cicatrice sérologique) », regrette le Dr Cédric Grouchka, membre du collège de la HAS. Une évaluation de la performance des tests Elisa et Western Blot est en cours à l’Agence nationale de sécurité des médicaments, a-t-il précisé.

La HAS décrit aussi les autres MVT et leur traitement : rickettioses, tularémie, ou anaplasmose granulocytaire (via des bactéries), babéliose (parasites), ou méningo-encéphalite.

Un SPPT polémique

Le point le plus polémique de la recommandation est le chapitre consacré au « symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après une possible piqûre de tique (SPPT) ».

« Existe-t-il, au-delà des formes tardives disséminées complexes déjà mentionnées, la possibilité d’une manifestation chronique, y compris à test négatif ? Aujourd’hui, les données scientifiques ne sont pas suffisantes pour trancher », explique le Dr Grouchka. Pourtant, des patients sont en souffrance et en errance diagnostique. C’est pour les prendre en charge que la HAS créée cette entité, qui se veut un cadre sous lequel regrouper une population de patients.

Le SPPT se définit par une piqûre de tique possible, avec ou sans antécédent d’érythème migrant, et une triade clinique : syndrome polyalgique, fatigue persistante, et plaintes cognitives. Il protégerait les patients de trois risques, selon le Dr Grouchka : l’errance diagnostique, les charlatans, et l’antibiothérapie à très long terme, « une bêtise sans nom, inutile et dangereuse ».

La prise en charge recommandée consiste à faire un bilan étiologique pour éliminer la piste de maladies inflammatoires, de pathologies infectieuses ou non. Si le bilan n’aboutit à aucun diagnostic, un traitement antibiotique d’épreuve de 28 jours peut être proposé. S’il s’avère inefficace, le patient doit pouvoir entrer dans un protocole de recherche, mené dans un centre spécialisé de maladies vectorielles à tiques – et la HAS de proposer un cahier des charges de ces centres adossés à des hôpitaux, et prévus dans le Plan Lyme (au nombre de 5 a priori).

Selon le Dr Grouchka, une minorité de patients seraient concernés par ces protocoles de recherche. Il en veut pour preuve l’étude du Pr Éric Caumes présentée lors des 19es Journées nationales de l’infectiologie, qui montre que dans 90 % des cas, un diagnostic était faisable (dans 9,6 %, il s’agissait de Lyme, et dans 80 % d’autres pathologies non diagnostiquées).

Les critiques des médecins

Ni la SPILF ni la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT) ne sont totalement satisfaites du texte de la HAS.

La SPILF conteste le chapitre concernant le SPPT « un ensemble de symptômes mal défini, qui n’existe pas dans la littérature médicale internationale et qui pourrait conduire à des excès de diagnostics susceptibles d’orienter les patients vers des prises en charge inadéquates ». La SPILF a sollicité les sociétés partenaires pour relire collégialement ces recommandations début juillet et « si besoin, faire des propositions constructives ».

« Dans l’état actuel des choses, je ne signerai pas ces recos », indique le Pr Éric Caumes au « Quotidien ». S’il salue des évolutions positives relatives à la sérologie, il reste très critique sur le SPPT « une entité qui n’existe pas, une manière de parler de Lyme chronique sans le dire ». « Nos positions sont inconciliables entre experts et associations. On n’a pas réussi à se faire comprendre en tant qu’experts et la politique a pris le pas sur la science. Or, on ne peut pas faire dire à la science ce qu’elle ne dit pas », dit-il.

Le Pr Christian Perronne, au contraire, considère que le SPPT est une avancée qui concernera des « centaines de milliers de patients » et se dit optimiste sur la parution prochaine de recherches qui iront dans ce sens. En revanche, il s’insurge de l’introduction d’un tableau (annexe 3, page 44) où l’on lit que pour l’acrodermatite chronique atrophique, la sérologie en deux temps est d’une sensibilité de 100 %.

La HAS prévoit de faire un point avec l’ensemble des acteurs concernés, dont la SPILF, la FFMVT et l’Association Lyme sans frontières tous les six mois.

Vigilance, non-anxiété

Les experts de la HAS ont rappelé les mesures de prévention en cette période estivale, en se voulant rassurants. « On peut estimer entre 3 et 15 % selon les régions la part de tiques infectées (moyenne 10 %). Sur ces 10 % de tiques infectées, lorsqu’on est piqué, on a moins de 10 % de risques de déclencher une maladie. Quand on est piqué, on a moins de 1 % de risques d’être malade », résume le Dr Cédric Grouchka. Selon les derniers chiffres de Santé publique France, on recense 50 000 nouveaux malades par an, avec une augmentation de leur nombre de 75 % entre 2015 et 2016. Les enfants (5-9 ans) et les 60-64 ans sont particulièrement touchés ; les régions concernées sont l’Alsace, le Limousin, et Rhône-Alpes. La prévention consiste à se couvrir avant une balade en forêt ou une séance de jardinage, à s’examiner après. Et en cas de rougeur, à consulter au plus tôt.

Source : Le Quotidien du médecin